Nouveau : Funds Watch et Funds360 se regroupent en une marque unique pour vous aider dans vos prises de décisions financières

Columbia Threadneedle Investments : Perspectives de marché pour 2019

Nous connaissons déjà le plus long marché haussier de l'histoire dans le cadre d'une reprise extrêmement durable, par conséquent, il ne fait pas de doute que le cycle actuel touche à sa fin, même si celle-ci n'est pas encore imminente selon nous – nous pensons plutôt que le cycle est en cours de redéfinition et a été prolongé par une combinaison de facteurs structurels conduisant à des taux d'intérêt bas, à une faible inflation et à une croissance modérée.

 

Mark Burgess, Deputy Global CIO et CIO EMOA de Columbia Threadneedle :

·         Nous connaissons déjà le plus long marché haussier de l’histoire dans le cadre d’une reprise extrêmement durable, par conséquent, il ne fait pas de doute que le cycle actuel touche à sa fin, même si celle-ci n’est pas encore imminente selon nous – nous pensons plutôt que le cycle est en cours de redéfinition et a été prolongé par une combinaison de facteurs structurels conduisant à des taux d’intérêt bas, à une faible inflation et à une croissance modérée. Les signaux d’alarme auxquels nous sommes attentifs et qui pourraient laisser présager un retournement brutal ne sont toutefois pas encore tous activés.

  • Notre scénario central table sur un tassement de la croissance américaine en 2019, sous l’effet de la dissipation de l’élan donné par la relance budgétaire. L’inflation devrait rester sous contrôle et les valorisations sont toujours justifiées, offrant un environnement favorable aux investisseurs.

·         Nous pensons que les marchés actions mondiaux vont afficher des performances modestes, mais positives, que la croissance des bénéfices va se poursuivre et que les pratiques des entreprises privilégieront les actionnaires, sur fond de valorisations toujours favorables.

·         Sur les marchés actions, notre préférence va toujours aux entreprises très rentables et à faible intensité capitalistique, capables d’augmenter leur part de marché et de disposer d’un pouvoir durable de fixation des prix. Les chaînes de valeur continuant d’évoluer, les modèles économiques traditionnels sont menacés et la technologie amorce une ère nouvelle, formant un environnement dans lequel les entreprises capables d’innover pourront continuer de se développer.

·         Si 2018 n’a pas été la meilleure année pour les obligations, 2019 s’annonce sous de meilleurs auspices pour les investisseurs qui sauront surmonter les grandes divergences des cycles de crédit et des politiques monétaires. L’endettement élevé des entreprises américaines par rapport à leurs homologues européennes soulève des inquiétudes, mais nous estimons être en présence d’opportunités très intéressantes au sein de régions et de secteurs spécifiques. Ainsi, les émetteurs des secteurs de l’énergie, des télécommunications et de l’agroalimentaire ont accru leur levier précédemment, mais nombre d’entre eux sont désormais en train de réduire leurs niveaux d’endettement.

·         Les obligations souveraines des marchés émergents offrent une opportunité attrayante pour 2019 après une forte hausse des rendements ; toutefois, les investisseurs devront faire preuve de prudence, car d’importants contrastes se dessineront d’un pays à l’autre.

·         Dans l’ensemble, nous continuons de privilégier les actions aux obligations, mais dans des proportions moins importantes qu’en 2018.

·         Quoi qu’il en soit, l’attention portée aux risques est décisive pour le succès d’un investissement, ce qui nous conduira, en 2019, à surveiller de près le risque de stimulation excessive de l’économie américaine, car celui-ci peut provoquer une hausse de l’inflation. Les tensions commerciales, les événements géopolitiques imprévus et toute nouvelle fragmentation de l’UE sont d’autres facteurs qui pourraient influencer les performances des investissements. Enfin, les gouvernements comme les entreprises et les particuliers présentent un endettement élevé, ce qui mérite un suivi attentif des éventuels signaux d’alarme sur ce front.

Perspectives macroéconomiques

L’économie devrait afficher une croissance moyenne. Celle-ci permettra aux entreprises de continuer d’engranger des bénéfices solides et en hausse, mais profitera certainement plus aux détenteurs d’actions qu’aux porteurs de dette. Le niveau actuel des valorisations étant justifié, nous prévoyons un environnement toujours favorable en 2019, toutes choses demeurant égales par ailleurs.

La croissance américaine devrait se tasser en 2019 sous l’effet de la dissipation de l’élan donné par la relance budgétaire et des relèvements de taux qu’effectuera la Fed conformément aux anticipations du marché (ce qui maintiendra l’inflation sous contrôle), tandis qu’en Europe la croissance économique devrait rester relativement solide.

La hausse des taux d’intérêt peut peser à la fois sur les actions et les obligations : sur ces dernières en pénalisant l’exposition à la duration, et sur les actions en poussant les investisseurs à s’exposer à des actifs moins risqués pour obtenir des rendements. Cela étant, nous maintenons notre préférence pour les actions (ainsi que pour les matières premières et l’immobilier commercial) par rapport aux obligations pour 2019, tout en gardant un appétit du risque relativement neutre. Dans notre allocation globalement positive aux actions, notre opinion est toujours positive envers les marchés européens, asiatiques et surtout japonais.

Le profil des principaux marchés obligataires s’est légèrement amélioré. Les valorisations du crédit paraissent proches de leurs niveaux moyens, et malgré la légère progression des rendements des principales obligations, les rendements absolus sont devenus plus intéressants.

Actions

À l’approche de 2019, les marchés actions connaissent un accès de volatilité tel qu’ils n’en avaient plus subi depuis plusieurs années. La hausse des anticipations d’inflation a déclenché un repli généralisé des marchés, les investisseurs tablant sur un resserrement monétaire. Ce phénomène a eu des conséquences sur les valorisations des valeurs de croissance à duration longue, qui dominent les marchés depuis la Grande crise financière à tel point que certains ont parlé de « décennie perdue » des actions décotées.

La question est de savoir si ce mouvement signe la fin du cycle actuel et entraînera un changement de leadership sur le marché. Comme nous l’avons indiqué plus haut, nous ne pensons pas que ce retournement soit imminent. Les bénéfices des entreprises continuent de croître dans l’ensemble du monde et les valorisations semblent intéressantes au regard des moyennes historiques et compte tenu de la bonne orientation des statistiques économiques. Le repli récent du marché représente donc une opportunité.

Grâce au réajustement des valorisations d’entreprises attrayantes et s’inscrivant dans un thème de croissance séculaire, l’environnement actuel constitue un terrain de chasse idéal pour les investisseurs bottom-up capables d’identifier des actions se négociant en deçà de leur valeur intrinsèque. Tout accroissement de la dispersion des performances causé par une hausse prolongée de la volatilité devrait augmenter le nombre d’opportunités à disposition des gérants actifs.

Notre préférence va toujours aux entreprises très rentables et à faible intensité capitalistique, capables d’augmenter leur part de marché et de disposer d’un pouvoir durable de fixation des prix. Si le secteur technologique a retenu l’essentiel de l’attention ces dernières années, le même phénomène s’observe aussi dans les autres secteurs, avec une dispersion encore plus prononcée des bénéfices entre les entreprises de meilleure et de moins bonne qualité. Les chaînes de valeur continuant d’évoluer, les modèles économiques traditionnels sont menacés et la technologie amorce une ère nouvelle, formant un environnement dans lequel les entreprises capables d’innover pourront continuer de se développer.

La croissance bénéficiaire se poursuit, les pratiques des entreprises privilégient les actionnaires, les valorisations sont favorables et les rendements obligataires ne devraient pas remonter trop vite : en résumé, les conditions devraient assez peu évoluer en 2019.

Toutefois, nous n’oublions pas les risques pouvant menacer les marchés actions, qu’il s’agisse de la rhétorique commerciale, des inquiétudes concernant l’inflation ou du Brexit. Les investisseurs doivent donc se préparer à plus de volatilité en 2019.

 

Obligations

Selon une croyance répandue, un placement en obligations présente actuellement plus de risque qu’au cours des années précédentes parce que nous sommes « en fin de cycle ». Non seulement cette croyance n’est pas constructive du point de vue de l’investissement, mais en plus, elle est inexacte lorsqu’on regarde plus en détail les différents secteurs, sous-secteurs et régions. Les politiques monétaires divergent en fonction des pays, les taux d’intérêt américains présentent davantage d’attrait dans la mesure où les rendements ont nettement progressé et que la Fed va probablement modifier sa fonction de réaction. Parallèlement, notre opinion à l’égard des taux d’intérêt d’autres pays développés est toujours défensive, car le cycle de resserrement des taux commence tout juste sur ces marchés. S’agissant des obligations d’entreprises, l’endettement élevé des émetteurs américains nous préoccupe, mais nous identifions des opportunités liées aux divergences entre secteurs et régions.

Le cycle du crédit à la consommation est positif et procure des opportunités de revenu intéressantes sur le marché des produits structurés. Les obligations souveraines (en particulier des marchés émergents) offrent une opportunité intéressante pour 2019 après une forte hausse des rendements, mais d’importants contrastes devraient se dessiner d’un pays à l’autre. Par conséquent, si 2018 n’a pas été la meilleure année pour les obligations, 2019 s’annonce sous de meilleurs auspices pour les investisseurs qui sauront profiter des divergences des cycles de crédit et des politiques monétaires.

Nous pensons que 2019 offrira des opportunités de performance ajustée des risques, et ce dans des segments que nous identifierons en comprenant où se trouvent les divergences de politique monétaire et de cycle de crédit.

Cycle de politique monétaire

Aux Etats-Unis, le Federal Open Market Committee est engagé depuis trois ans dans un cycle de relèvement des taux, et probablement depuis cinq ans dans un cycle de resserrement monétaire entamé en 2013 avec le début du retrait progressif des achats d’actifs. Avec les rendements réels (après prise en compte de l’inflation) les plus élevés de tous les pays développés, la Fed s’approche désormais de ce qu’elle qualifie de taux neutres. Nous pensons donc qu’en 2019, la Banque va abandonner le cadre d’orientations prospectives (« forward guidance ») qu’elle affectionnait ces dernières années, caractérisé par des interventions trimestrielles prévisibles, pour adopter une politique qui sera déterminée par les chiffres économiques les plus récents. Sauf accélération de l’inflation, la Fed devrait selon nous marquer une pause dans son cycle de relèvements des taux trimestriel en 2019 et choisir une approche attentiste.

La Banque centrale européenne va certainement commencer à relever ses taux l’an prochain, tandis que la Banque d’Angleterre devra peut-être reconsidérer sa politique de taux d’intérêt faibles si le Brexit trouve une issue raisonnable. Sur les marchés émergents, plusieurs banques centrales ont déjà commencé à relever leurs taux et d’autres leur emboîteront probablement le pas l’année prochaine.

Par conséquent, les taux d’intérêt américains présentent davantage d’attrait dans la mesure où les rendements ont nettement progressé et que la Fed va probablement modifier sa fonction de réaction. Parallèlement, notre opinion à l’égard des taux d’intérêt d’autres pays développés est toujours défensive, car le cycle de resserrement des taux commence tout juste sur ces marchés.

Cycle de crédit des entreprises

Le cycle de crédit des entreprises est souvent évoqué parmi les motifs d’inquiétude, ce qui est compréhensible, car les niveaux globaux d’endettement sont aujourd’hui plus élevés qu’il y a cinq ans. Cependant, même si beaucoup d’entreprises ont accru leur levier ces dernières années pour financer des acquisitions stratégiques, celles-ci sont maintenant en train de réduire leur endettement. Les secteurs de l’énergie, des métaux et de l’extraction minière ont connu un cycle de crédit complet il y a trois ans, qui s’est terminé par des baisses de prix, un ralentissement de l’activité industrielle et une hausse des défauts, mais aujourd’hui les émetteurs de ces secteurs affichent des bénéfices en hausse et un endettement en repli.

Les indicateurs de crédit en Europe paraissent un peu mieux orientés qu’aux Etats-Unis, tandis que d’autres marchés, comme la Chine, présentent des niveaux d’endettement plus inquiétants. Etant donné le niveau élevé des spreads de crédit au regard des moyennes historiques, nous estimons que les émetteurs les plus performants en 2019 se trouveront parmi les entreprises et les secteurs qui s’engagent à conserver des bilans robustes pour résister à d’éventuels accès de volatilité future. Ainsi, les émetteurs des secteurs de l’énergie, des télécommunications et de l’alimentation et des boissons ont accru leur levier précédemment, mais nombre d’entre eux sont désormais en train de réduire leurs niveaux d’endettement.

 

Obligations d’Etat

L’une des caractéristiques remarquables de 2018 a été la proportion dans laquelle la croissance américaine a dépassé les anticipations, alors que l’activité économique ralentissait sur les autres marchés développés et dans les pays émergents. En 2019, ces relations devraient se normaliser et amener de la stabilité en Europe, ainsi qu’un rebond dans les marchés émergents. Les pays qui s’engagent en faveur d’institutions crédibles et d’une politique budgétaire prudente seront récompensés. Les déceptions de ces dernières années sur le front de la croissance et des politiques ont entraîné une hausse des rendements de nombreux pays, tels que le Brésil, le Mexique, la Turquie, l’Argentine et même l’Italie. Parmi ces marchés, beaucoup pourraient se révéler être des investissements solides si les responsables politiques remettent la dette sur une trajectoire durable.

Risques

Les risques susceptibles d’assombrir ces perspectives sont nombreux et nous y sommes très attentifs. Une stimulation excessive de l’économie américaine en vue de pérenniser la croissance robuste pourrait créer de l’inflation et pousser la Fed à resserrer plus agressivement que prévu sa politique monétaire, bouleversant ainsi les marchés. Les inquiétudes géopolitiques sont également toujours présentes, notamment au sujet de l’escalade de la guerre commerciale ou des tensions grandissantes entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite. En Europe, l’un des principaux risques est celui d’une fragmentation de l’Union européenne liée au budget italien, à la montée des partis d’extrême droite ou encore aux répercussions d’un accord sur le Brexit, quel qu’il soit.

Même si l’incertitude entourant le Brexit soulève des risques, un gouvernement travailliste dirigé par Jeremy Corbyn aurait sans doute plus d’impact sur le marché domestique britannique.

Enfin, nous demeurons préoccupés par les niveaux d’endettement à travers le monde, en particulier au niveau des Etats et des entreprises, car dans certains cas comme celui de la Chine, le rapport entre la dette nette et le PIB devient de plus en plus intenable.

LinkedIn
Twitter
Facebook



Newsletter

Chaque jour l’actualité de l’asset management dans votre boîte email.

INSCRIPTION

Le fonds du jour
Plus de publications
Lire la suite

Habituons-nous à l’inflation

La surprise persistante des marchés face à la résilience de l’inflation et la prise en compte trop partielle des facteurs sous-jacents à la hausse des prix de long terme sont les marchepieds d’une tendance durable. Dans ce contexte, la gestion obligataire active reste assurément une composante majeure d’une gestion diversifiée.