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Le rachat des positions vendeuses s’accélère sur les marchés

Le rachat des positions vendeuses s’accélère sur les marchés, conséquence d’un positionnement trop pessimiste des investisseurs. Parfois confuses, les dernières statistiques économiques mondiales penchent plutôt en faveur du scénario de modération, et les résultats des sociétés rassurent.

Le PIB américain s’est contracté au T2 pour le deuxième trimestre consécutif (-0,9% après -1,6%, taux annualisés), surtout en raison d’une forte baisse des stocks de produits agricoles (-45 milliards de dollars). Parler de récession ne fait cependant pas grand sens dans la mesure où le premier semestre a vu un boom de l’emploi et une progression de la demande domestique (graphique 1), sans parler des très bons résultats publiés par les sociétés.

Il reste cependant clair que même si son ampleur fait débat, le ralentissement américain est bien là, et il s’accompagne d’une baisse de certaines pressions inflationnistes (prix de l’essence, délais et coût des livraisons, etc.).  C’est ce que les investisseurs attendaient pour se rassurer. Une poursuite de la surchauffe américaine aurait en effet constitué le pire des scénarios possibles pour les marchés financiers. Avec une économie au ralenti, la Réserve fédérale américaine aura moins besoin de serrer la vis. Il faut cependant noter que les taux à court terme restent très largement inférieurs au taux d’inflation, ce qui ne plaide pas en faveur d’un changement de trajectoire de la politique monétaire. De plus, les derniers chiffres d’inflation, comme le déflateur de la consommation privée, à +0,6% sur le mois de juin (un plus haut pour cette année), montrent que le chemin reste long avant de retrouver une inflation normale.

En zone euro la croissance du deuxième trimestre a, au contraire des Etats-Unis, surpris à la hausse (+0,7%, après +0,5% au T1), ce qui contraste avec l’opinion très négative des investisseurs au sujet de l’Europe. Le dynamisme post-Covid du secteur des services explique l’essentiel de ces bons chiffres. Cette dynamique devrait cependant se modérer, comme le suggère déjà les dernières enquêtes auprès des entreprises européennes. De plus, l’Allemagne, plus industrielle et moins touristique, est, elle, déjà peut-être en récession. Son PIB a stagné au T2, mais surtout son taux de chômage est orienté à la hausse depuis deux mois, passant de 5% en mai à 5,4% en juillet (graphique 2).

Cette déprime allemande et les perspectives européennes assombries par la crise du gaz russe sont cependant largement dans les cours des obligations. L’écart entre les taux à très court terme et le rendement des obligations allemandes à deux ans s’est en effet très fortement réduit, ces derniers passant même sous le niveau du taux de refinancement de la BCE (graphique 3). Pire, à 0,25% en nominal, les obligations allemandes à deux ans portent un taux réel, après inflation anticipée, de moins 5,4% !

Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, une poursuite de la baisse des rendements obligataires devient donc de plus en plus difficile à envisager. Nous restons à l’écart de ce marché et nous nous concentrons sur celui des actions. Nous avons achevé le processus de normalisation de notre exposition au marché au cours des derniers jours afin de participer au rebond. Nos fonds internationaux restent investis dans les thèmes de la transition énergétique – thème qui profite de bonnes nouvelles politiques américaines récentes – et du rebond des sociétés technologiques américaines les moins chères. Nous demeurons par ailleurs bien investis sur les valeurs japonaises et sur le yen.

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