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A la recherche du « cygne noir »

Les propos tenus par deux membres de la Fed au sujet de l’instabilité financière ont retenu notre attention cette semaine. Dans ce contexte, nous dressons quelques pistes sur les risques susceptibles d’inquiéter l’économie et les marchés financiers.

Lael Brainard a été nommée vice-présidente en 2021, alors qu’elle était pressentie pour la présidence de la Fed face à Jerome Powell. Cette économiste de formation occupe de fait une place importante. Elle se positionne en outre plutôt du côté des « colombes » – favorables à une politique monétaire plus accommodante – que des « faucons ». Dans une session d’une heure diffusée sur Bloomberg TV lundi dernier, L. Brainard est revenue sur la décélération de l’inflation en octobre, la volonté de la Fed de pousser ses taux directeurs encore un peu plus haut, mais également sur les risques d’une telle politique. Elle a en effet indiqué que les hausses de taux de la Banque centrale américaine, suivie par nombre de ses homologues, peuvent avoir des effets déstabilisateurs, notamment via la forte appréciation du dollar ou en rendant vulnérables les secteurs à fort levier financier.

Si la lutte contre l’inflation fait, bien sûr, l’unanimité au sein de la Fed, ce n’est en revanche pas le cas sur la question de l’instabilité financière.

La vision de John Williams (président de la Fed de New York) exposée lors d’une conférence mercredi dernier, s’oppose à celle de la vice-présidente. Selon lui, la Banque centrale doit éviter de prendre en considération les conséquences éventuelles en termes d’instabilité financière, pour se concentrer sur les objectifs fixés par son mandat : l’inflation et l’emploi. Cette thèse n’est pas récente, et prend racine à l’aube des années 2000. Alan Greenspan (président de la Fed de 1987 à 2006) se rendit au Symposium de Jackson Hole de 1999, où il assista à la présentation de Ben Bernanke, alors chercheur à Princeton, qui prendra la succession de Greenspan jusqu’en 2014 puis obtiendra le prix Nobel d’économie en 2022. Avec son co-auteur, ils développèrent l’idée que la Fed ne doit pas s’occuper de l’apparition de bulles sur la valorisation des actifs, sauf si celles-ci constituent une menace pour la stabilité des prix.

Le cycle de resserrement monétaire mondial – l’un des plus rapides et des plus coordonnés de l’histoire – est désormais bien enclenché. Ces effets ne se sont par ailleurs pas encore totalement matérialisés, en raison du temps nécessaire à sa diffusion via l’ensemble des canaux de transmission de la politique monétaire. Chaque cycle est différent, mais force est de constater que de nombreux épisodes de relèvement de taux ont fini par révéler des poches de fragilité. Le concept de « cygne noir », transposé à la finance par Nassim Taleb, traduit la survenue d’un événement aux conséquences désastreuses, dont l’occurrence est théoriquement très faible. Dès lors, quels risques identifions- nous actuellement ?

On pense d’abord aux pans de l’économie les plus sensibles aux taux d’intérêt, desquels l’immobilier figure en premier chef. Le ralentissement a commencé aux Etats-Unis, mais également en Chine, et l’on anticipe déjà les retentissements en Europe. D’autre part, les crises de change des pays dits émergents sont souvent la conséquence des resserrements monétaires de la Fed (crise du peso, crise asiatique…).

Le risque pourrait aussi se trouver dans l’essor des investissements non-cotés, comme l’évoquait il y a quelques mois un gérant d’actifs européen. Enfin, les cryptos actifs, qui ont eu le vent en poupe, sont affectés par la débâcle de plusieurs plateformes d’échanges enclenchée par la faillite de FTX.

Reste à connaître la réaction de la Fed dans un contexte d’inflation élevée et potentiellement plus volatile à long terme. Sacrifiera-t-elle sa cible d’inflation sur l’autel de l’instabilité financière ? Par définition, le « cygne noir » est imprévisible. En dépit de toutes les précautions prises en amont, le prochain événement extrême pourrait provenir de là où on l’attend le moins.

Source : Ecofi, au 18 novembre 2022 – Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des perfor- mances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d’information, des opinions et des données chiffrées qu’Ecofi considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d’information unique- ment et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.

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