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L’euro 1.0

La monnaie commune a fortement baissé et a franchi à la baisse le seuil symbolique de 1 euro = 1 dollar, après plus de 20 ans au-dessus de la parité (1,6038 $ / € au plus haut le 30/09/2008). En moyenne, depuis sa création, la parité s’établit à 1,1971 $ / €.

Rappelons que la parité euro/franc suisse avait déjà été cassée le mois dernier.

Cet affaissement de la devise européenne s’explique par :

  • les inquiétudes qui planent sur l’économie de la zone, durement pénalisée par la flambée des prix de l’énergie et la crainte de pénuries l’hiver prochain, notamment au regard de la dépendance au gaz russe ;
  • une politique monétaire plus agressive du côté des Etats-Unis pour lutter contre l’inflation qui a franchi un nouveau palier à la hausse ce mois-ci,
  • à 9,1 % sur 12 mois en juin ;

les craintes de solvabilité des Etats, notamment du Sud (on pense à l’Italie avec une nième crise politique), face à la hausse des rendements qui affectent l’équation budgétaire (charge de la dette à taux fixe).

On retrouve un petit parfum de 2012 avec la crise de la dette en zone Euro. Les marchés semblent mieux préparés à cette issue, notamment les banques, mais le soutien des banques centrales semble essentiel pour réassurer la dette souveraine des Etats membres de la zone Euro. C’est d’ailleurs ce à quoi travaille la Banque centrale européenne, avec un mécanisme anti-fragmentation en gestation.

Le nouvel outil pourrait s’appeler « Transmission Protection Mechanism ». Ce mécanisme vise à éviter les déviations des primes de risque des États membres qui présentent un risque pour la stabilité financière et la transmission de la politique monétaire, comme cela s’est produit en 2012. L’important étant ici d’en parler pour ne pas à avoir à s’en servir.

Les craintes de récession sont davantage présentes car le modèle économique européen de production à bas coût énergétique et de consommation de biens à bas coût d’importation est percuté par la hausse des matières premières, voire des ruptures d’approvisionnement, des problématiques de maintenance, notamment en France sur le parc nucléaire ou en Allemagne sur la gazoduc Nord Stream 1. Un facteur aggravant réside dans la formation des prix de l’électricité dans le marché libre européen indexé sur les capacités de production. La production s’ajuste à chaque instant à la demande. Le prix de l’électricité est déterminé par les coûts de la dernière centrale appelée pour assurer l’équilibre entre l’offre et la demande.

Avec la forte reprise de l’activité économique mi-2021, on assiste à un pic de la demande d’électricité satisfaite par la mise en service de centrales à gaz ou à charbon, dont le coût a fortement augmenté.

Au final, la baisse de l’euro pourrait certes bénéficier aux valeurs exportatrices non exposées au prix de l’énergie. L’indice Stoxx 600 tire seulement 42 % de son chiffre d’affaires de l’Europe, 24 % de l’Amérique du Nord, 21 % de l’Asie-Pacifique et 13 % des autres marchés émergents, mais pénalise largement beaucoup de secteurs dépendant de l’énergie et/ou des prix à l’importation, mais surtout les

consommateurs dont le pouvoir d’achat est entamé. C’est clairement négatif dans la balance des risques. Rappelons qu’en 2008, au sommet du prix du pétrole, l’euro était à son pic contre dollar. La parité euro/dollar risque de rentrer dans l’équation cette semaine à l’occasion du comité de politique monétaire (21 juillet), une hausse de 25 points de base des taux directeurs est attendue, mais c’était avant le franchissement à la baisse de la parité.

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