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Cycle boursier et impacts

La remise en cause de l’hypothèse de l’efficience des marchés peut être observée par un mécanisme, celui de la rétroaction positive. Dans la vie économique courante, la concurrence entre les entreprises permet de réguler naturellement le niveau des prix. En ce sens, il est peu probable que le prix diffère amplement pour le même bien ou service à la même période et dans une zone géographique identique.

Dans la plupart des cas, le phénomène de concurrence tend à maintenir les prix des produits et services dans une zone de cohérence économique. En outre, les entreprises sont confrontées à la loi de l’offre et de la demande. Bien qu’imparfaite, cette loi permet dans bien des situations d’établir un prix pouvant être considéré comme plus ou moins raisonnable (figure 1). C’est alors ce que l’on appelle une rétroaction négative. Lorsque le prix monte, la demande baisse, et fait donc baisser le prix, et ainsi de suite en boucle.

Figure 1 : Courbe de rétroaction négative (élaboration propre)

Toutefois, la bourse semble agir d’une bien autre manière. Vittori souligne que « la finance est un milieu assez bizarre où les lois de l’économie ne fonctionnent pas pareil. Quand les prix montent, au lieu de faire baisser la demande, parfois cela la fait monter dans un phénomène d’emballement[1] ». En réalité, le premier problème avec le mécanisme de formation du prix d’une action cotée en bourse est qu’il n’est régulé par aucune concurrence. Le second problème est qu’aucune entreprise ne fabrique ni ne vend des actions, il n’y a pas de producteur déterminant le prix en fonction de la demande. Au contraire, et comme l’explique Orléan lors de la même conférence que Vittori (Crises financières, les leçons de l’histoire) « le propre du système financier c’est de fonctionner en rétroaction positive ».

En fait, le mécanisme de la formation du prix d’une action s’apparente grandement à l’effet Larsen. Cet effet désigne un phénomène acoustique se produisant lorsqu’un micro se trouve à proximité d’un haut-parleur. Le son émis par le haut-parleur est capté par le micro qui le retransmet au haut-parleur, provoquant une boucle augmentant le son progressivement jusqu’à atteindre les limites du matériel. On comprend aisément que la limite de valorisation à la hausse d’une action est par définition inexistante, ou devrions-nous dire limitée par la raison humaine. Malheureusement, l’histoire nous montre que la raison humaine fait parfois défaut… La représentation de Servan-Schreiber du mécanisme de rétroaction positive de la tulipe s’échangeant trois Rembrandt en Hollande au XVIIème siècle dévoile clairement les principes.

« Personne ne s’interrogeait sur la valeur intrinsèque de la fleur, mais seulement sur le prix que le prochain acheteur sera prêt à payer. Quatre siècles plus tard, le mécanisme de la spéculation reste élémentaire : se placer sur une tendance montante du prix d’un bien, tout en sachant qu’elle finira par plonger[2]. »

La figure 2 montre la courbe théorique d’une rétroaction positive à la hausse puis à la baisse. Effectivement, le même mécanisme fonctionne aussi à la baisse, c’est-à-dire qu’une action vendue risque de voir son cours poursuivre sa chute jusqu’à arriver à un point de limite. Ce mécanisme illustre parfaitement l’omission de l’utilisation de la raison et le mécanisme de rétroaction positive présente dans le domaine boursier. Le mécanisme de rétroaction positive rejette par essence le concept d’équilibre économique, de rationalité des investisseurs ou encore d’efficience des marchés.

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