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Investir n’est pas spéculer

Winston Churchill disait qu’« un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». En finance, l’histoire doit être étudiée, analysée et comprise. Elle nous en dit beaucoup sur l’Homme et ses réussites. Toutefois, l’histoire nous éclaire également sur les faiblesses de la société, sur les domaines dans lesquels nous avons fait ce que nous ne devions pas faire, mais aussi ce que nous n’avons pas fait mais que nous aurions dû faire.

« Tirer profit d’un bon timing est inévitable et légitime. Cependant, c’est dangereux, car l’investisseur se retrouve dans la peau d’un spéculateur. Il est facile de déconseiller la spéculation. Plus dur est de ne pas y succomber[1]. »

Winston Churchill disait qu’« un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». En finance, l’histoire doit être étudiée, analysée et comprise. Elle nous en dit beaucoup sur l’Homme et ses réussites. Toutefois, l’histoire nous éclaire également sur les faiblesses de la société, sur les domaines dans lesquels nous avons fait ce que nous ne devions pas faire, mais aussi ce que nous n’avons pas fait mais que nous aurions dû faire.

Les gérants de fonds institutionnels étaient auparavant des investisseurs sur le long terme, leurs actifs ne variaient que très peu. Aujourd’hui, les actifs changent tous les ans. Le 12 juin 2007 à l’occasion du 60e anniversaire du CFA Institute à Philadelphie, Bogle a parlé de la spéculation régnant à Wall Street dans ces termes : « Quoi qu’il en soit, les fonds communs de placement sont aujourd’hui largement axés sur la folie de la spéculation à court terme[2] ». La métamorphose du secteur de l’investissement et de l’industrie du capitalisme financier apporte une autre modification, celle de la gouvernance des sociétés. Un gérant sur le long terme et investissant selon les fondamentaux peut être considéré comme un propriétaire, il se soucie des responsabilités et des droits de la gouvernance des entreprises. Actuellement, la majorité des gérants investit sur le court terme. Ces gérants ne font qu’échanger des actions, des bouts de papiers, et ils ne possèdent plus cette vision fondamentale du propriétaire. Selon Kirby[3], l’utilisation de l’HME et des différentes techniques de mesure du rendement liées à cette hypothèse ont entraîné différents maux. La gestion de portefeuille et l’analyse des gestions sont tournées sur des critères courts. Kirby encourage quant à lui à ne pas juger une gestion de portefeuille sur une période courte (< 5ans), car ce jugement ne peut réellement se faire correctement qu’à partir de 8 ou 10 années. Ce changement dans la conduite des investissements remet notamment en cause l’axiome de base du capitalisme, soit la propriété privée. Comme l’indiquait Keynes dans son ouvrage Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie : « Lorsque l’investissement devient une simple bulle sur un tourbillon de spéculation, le travail du capitalisme sera mal fait[4] ». Au regard de l’indicateur dette sur marge en pourcentage du PIB présenté dans la figure ci-après, il semble possible d’avancer que « le travail du capitalisme est actuellement mal fait ». Un article de CNBC évoque alors le fait que cela représente une statistique effrayante de l’exubérance actuelle des marchés[5].

Dans un article de Forbes, Colombo compare la richesse des ménages américains à l’économie sous-jacente (figure suivante). Il constate alors que la richesse des ménages s’est détachée du PIB depuis la fin des années 90. L’explication principale semble être le développement de la richesse par le moyen de bulles financières. Nous pouvons alors suggérer que la finance semble être au moins partiellement décorrélée de l’économie réelle depuis au moins vingt ans et que ce phénomène tend à s’accentuer, au moins jusqu’au prochain éclatement financier.

Dans un article [6] datant de 1986, Buffett était déjà alarmiste quant au développement de la spéculation. Buffett parle même de pyrotechnie spéculative à Wall Street, entraînant des répercussions sur les entreprises et la société américaine toute entière. Les Français ne s’y trompent pas puisqu’ils sont 67% à être choqués ou révoltés par la pratique de la spéculation sur les marchés financiers[7].

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Les marchés broient du noir : A quand l’éclaircie ?

Cet épisode baissier à la fois sur les actions et les obligations ne s’était pas vu depuis plus de 50 ans. En 2008, crise majeure s’il en fut, les obligations d’Etats avaient légèrement progressé, protégeant la partie défensive des portefeuilles. Ce n’est pas le cas cette année, de sorte que toutes les gestions sont impactées, les gains de 2021 étant d’ores et déjà effacés. Même l’or, valeur refuge de référence, a nettement reculé.