3 raisons pour lesquelles la Fed ne baissera pas « la garde » sur sa trajectoire de resserrements monétaires

Dans notre scénario économique, l’inflation est un phénomène durable.

En effet, les transitions environnementale et géopolitique (l’indépendance stratégique) soutiennent l’investissement public et privé. Les économies sont alors régulièrement confrontées à des tensions sur les matières premières et sur les ressources financières ainsi qu’à des pénuries sur le capital humain.

Dans un tel environnement, le principal risque est la « surchauffe ».

Ce « boom » sur l’investissement conduit dès lors à un nouvel équilibre sur les taux d’intérêt : d’abord, dans un environnement moins global, la reprise de l’investissement réhausse les taux d’intérêt réels ; ensuite, le nouveau régime d’inflation relève la composante point-mort ; enfin, le retrait de liquidités favorise la reconstitution des primes de terme.

Aux États-Unis, la publication de la composante salaire horaire dans le dernier Rapport emploi ainsi que le dernier chiffre d’inflation peuvent suggérer que l’inflation est « derrière ». Cependant, les statistiques ne sont pas aussi évidentes, qu’il s’agisse de données sur les prix, sur le marché du travail ou sur les conditions financières.

1) L’environnement de prix

D’abord, le risque est asymétrique à la hausse sur le prix des matières premières.

D’ailleurs, le prix des matières industrielles remonte légèrement, plus fortement même pour « Dr Copper« , le baromètre des matières premières industrielles (graphique 1)Sur le marché du pétrole, l’offre est désormais supérieure à la demande, mais le prix du baril de Brent semble avoir largement intégré ce déséquilibre (graphique 2). Le risque nous semble même désormais haussier, notamment si la demande de pétrole repart à la hausse.

Ensuite, la dernière publication du chiffre d’inflation CPI doit être interprétée prudemment. 

Certes, la désinflation se poursuit dans les biens, avec l’amélioration sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Toutefois, plusieurs travaux de la Fed ont montré que la composante dite « sticky » de l’inflation (portant sur les biens et services dont le prix s’ajuste moins rapidement) était la plus pertinente pour illustrer et prévoir la tendance inflationniste de fonds. Cette composante dite « sticky » de l’inflation ne diminue pas à ce stade (graphique 3).

Enfin, notre indicateur sur les anticipations d’inflation à moyen/long terme ne baisse pas (graphique 4).

Si les points-morts d’inflation ont reflué, l’enquête détaillée de l’Université du Michigan montre que les anticipations d’inflation des ménages américains à moyen terme sont même plus tendues ce mois-ci.

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