Nouveau : Funds Watch et Funds360 se regroupent en une marque unique pour vous aider dans vos prises de décisions financières

Barometer: La prudence est de mise

La hausse des taux d’intérêt réels et les préoccupations sur l’évolution de l’économie mondiale pèsent sur nos perspectives pour les actions et nous poussent à réduire notre allocation à sous-pondérer

Allocation d’actifs: une guerre des nerfs

Inflation. Guerre. Covid. Autant de facteurs qui pèsent lourd pour les investisseurs.

L’attaque menée par la Russie contre l’Ukraine continue de faire grimper les matières premières et vient s’ajouter aux pressions inflationnistes accumulées pendant la pandémie de Covid. Ceci oblige les banques centrales du monde entier à relever leurs taux d’intérêt et à couper l’accès aux liquidités au système financier mondial.

La Covid n’a quant à elle pas disparu, notamment en Chine, où plus les autorités essaient de freiner une nouvelle vague de contamination, plus elles freinent l’économie.

Cette association pernicieuse de taux d’intérêt en hausse et d’inquiétudes croissantes sur la résistance de l’économie mondiale face à une pénurie de combustibles fossiles et d’autres matières premières menace clairement les perspectives pour les actions. Nous avons donc abaissé la classe d’actifs à sous-pondérer et augmenté les liquidités à surpondérer – nous attendons confirmation du pic atteint par l’inflation et les rendements obligataires avant de réorienter les capitaux vers les obligations.

Fig. 1 — Grille d’allocation d’actifs mensuelle
Juin 2022
Grille du baromètre de juin 2022
Source: Pictet Asset Management

Malgré la contraction significative des multiples de valorisation des actions (baisse de 30% par rapport à septembre 2020 sur la base du ratio cours-bénéfice), ils ne sont toujours pas suffisamment attractifs pour compenser les risques. Par exemple, les projections de bénéfices des entreprises du marché ne tiennent pas suffisamment compte de la perspective d’une récession. Parallèlement, la hausse des coûts des intrants érode les marges bénéficiaires.

Du côté des obligations, les performances devraient suivre les prévisions d’inflation et les perspectives de croissance nationales.

Malgré la baisse des risques, impossible pour nos indicateurs du cycle conjoncturel de rester neutres, même si l’on observe des signaux annonciateurs de stagflation dans les principales régions. Nous avons réduit nos prévisions de croissance mondiale pour 2022 à 2,9%, contre 3,4% le mois dernier, et relevons à l’inverse l’inflation de 6,8% à 7,3%.

Nous avons abaissé nos projections pour la croissance de l’économie américaine, en réduisant nos prévisions de croissance du PIB pour l’année en cours à 3,0%, contre 4,0%, alors que notre indicateur avancé est tombé en territoire négatif pour la première fois depuis août 2020, ce qui illustre les premiers effets délétères de la hausse des taux hypothécaires sur le marché immobilier. Côté positif, les ventes au détail se sont maintenues et les bilans des ménages restent en bonne forme.

La révision à la baisse des projections du PIB américain a été plus importante que celle de la zone euro au cours du mois écoulé.

Alors que la Réserve fédérale américaine impose son rythme de resserrement, d’autres banques centrales, en particulier la Banque centrale européenne, ont commencé à rattraper leur retard. Bien que le pic d’inflation dans la région soit attendu en mai, la croissance des salaires pourrait compliquer les choses. En France et en Allemagne, certains secteurs présentent des signes annonciateurs de hausses significatives des salaires. Si les augmentations commencent, elles pourraient repousser le pic d’inflation.

En raison des confinements, l’économie chinoise plonge dans la tourmente. Les ventes au détail, la production industrielle et les investissements en actifs immobilisés sont tous sous pression. Nous avons abaissé nos prévisions de croissance à 4,2% pour l’ensemble de l’année 2022, ce qui est nettement inférieur à l’objectif officiel de 5,5%, qui a toujours semblé ambitieux. Nous sommes toutefois optimistes au sujet d’une reprise forte au cours du second semestre, compte tenu de la réouverture amorcée dans les régions les plus importantes sur le plan économique.

Fig. 2 – Contraction
Actifs des banques centrales du G5*, % de variation annuelle
AA – liquidité
*Réserve fédérale, Banque centrale européenne, Banque du Japon, Banque d’Angleterre et Banque populaire de Chine. Source: Refinitiv, Pictet Asset Management. Données couvrant la période allant du 31.05.2007 au 29.04.2022.

Selon nos mesures de la liquidité, le rythme auquel les banques centrales retirent leurs mesures de relance n’a jamais été aussi élevé. Elles ont ainsi effacé 600 milliards de dollars au cours des trois derniers mois1. Aux États-Unis, notre indicateur de liquidité est à son niveau le plus négatif et la zone euro et l’Asie émergente hors Chine enregistrent un net recul.

Nous pensons que les États-Unis sont à mi-chemin de leur cycle de resserrement monétaire, aussi bien pour les hausses de taux de la Fed que pour le programme de resserrement quantitatif de la banque centrale. De plus en plus clairement coincée entre le marteau et l’enclume, la Fed est contrainte de choisir entre un resserrement qui provoquerait une récession ou un durcissement pas assez marqué qui permettrait à l’inflation de s’installer. Selon nous, le premier scénario est le plus probable. Cependant, jusqu’à présent, les prêts accordés par le secteur privé compensent partiellement la contraction des liquidités de la Fed.

La Chine fait exception à cette règle plus générale de contraction des liquidités. L’assouplissement de la politique monétaire menée par la banque centrale commence à faire effet et l’excédent de liquidités, c’est-à-dire la masse monétaire supérieure au niveau nécessaire pour maintenir la situation économique actuelle, a bondi.

Pour la première fois depuis l’été 2011, les obligations comme les actions semblent raisonnablement attractives si l’on en croit nos mesures de valorisation. En revanche, les matières premières se maintiennent à leur niveau le plus élevé en 20 ans. Les obligations d’État émergentes libellées en devise locale sont dans le vert, tandis que les valorisations des crédits à haut rendement libellés en dollar américain et en euro s’améliorent, sur fond de creusement de leurs écarts de rendement. Par ailleurs, l’immobilier semble désormais bon marché.

Nos indicateurs techniques montrent que, pour la première fois depuis mars 2020, la tendance pour les actions est devenue négative, alors que la dynamique faiblit sur l’ensemble des marchés développés, ce qui assombrit les perspectives pour les six à douze mois à venir, même si à court terme, un rebond n’est pas à exclure.

Les tendances restent négatives pour les obligations, même si des signes de stabilisation commencent à émerger. Le sentiment des investisseurs et les enquêtes de positionnement montrent que l’appétit pour le risque se maintient à des niveaux très bas. Selon une enquête largement suivie réalisée auprès de gestionnaires de fonds, les investisseurs ont porté les liquidités à leur niveau le plus élevé en deux décennies et se sont tournés vers les valeurs défensives tout en sous-pondérant les actions et la technologie.

LinkedIn
Twitter
Facebook



Newsletter

En renseignant votre adresse mail, vous acceptez de recevoir nos newsletters quotidiennes. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment en cliquant sur le lien de nos mails ou à l’adresse [email protected]

Le fonds du jour
Plus de publications
Funds Watch
Lire la suite

Sur quoi repose le rebond des marchés financiers en juillet ?

Après les performances désastreuses enregistrées au premier semestre par les actions et les obligations, le comportement des marchés financiers en juillet peut paraître surprenant au vu de l’évolution de la conjoncture économique au cours des dernières semaines. En effet, le mois a été marqué par une progression des actions mondiales, des obligations gouvernementales et du crédit alors que les indicateurs économiques se sont nettement dégradés, alimentant les craintes d’une récession, et qu’une inflation toujours très élevée a conduit les grandes banques centrales à accélérer le rythme de remontée de leurs taux directeurs.